Le cannabidiol (CBD) prometteur dans le traitement de la sclérose en plaques (SEP)

La sclérose en plaques (SEP) est la maladie auto-immune chronique la plus courante du système nerveux central (SNC). Le système de défense censé protéger le patient d’agressions extérieures se retourne contre ses propres cellules et attaque la gaine de myéline qui entoure et protège les axones dans le système nerveux central. Ce phénomène entraine des lésions dispersées appelées plaques. Cette maladie touche aujourd’hui environ 100 000 personnes en France et 2500 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Peu de médicaments efficaces et bien tolérés sont aujourd’hui disponibles.

Le cannabidiol ou CBD est le principal cannabinoïde présent dans le chanvre. Contrairement au THC, le CBD n’a aucun effet psychotrope. Il est doté de propriétés immunomodulatrices remarquables et est de plus en plus reconnu comme anti-inflammatoire et immunosuppresseur, et avec une excellente tolérance même à fortes doses. Il est populaire parmi les patients atteints de SEP pour traiter la douleur et la spasticité (contractions musculaires involontaires ou une exagération de la tonicité musculaire se manifestant par des spasmes).

Une vaste étude menée en 2021 au centre de recherche en neurosciences de Varèse en Italie a recensé l’état des connaissances sur les effets du CBD sur les symptômes de la sclérose en plaques.

 Dans cette revue systématique de 20 études scientifiques récentes, les chercheurs ont analysés les résultats obtenus grâce au CBD sur l’encéphalomyélite auto-immune expérimentale (EAE), modèle expérimental de la SEP sur les rongeurs.

Dans les études passées au crible, le CBD s’est montré être systématiquement efficace contre l’EAE, entraînant généralement une réduction de la gravité de la maladie l’apparition retardée des symptômes, l’atténuation des signes cliniques et une progression ralentie de la maladie.

Plusieurs études ont également rapporté une amélioration de l’anatomie microscopique du système nerveux central, avec une neuro-inflammation réduite, une activation de la microglie (premier niveau de défense du système nerveux central contre les pathogènes), ainsi qu’une diminution de la démyélinisation (destruction de la gaine de myéline qui entoure et protège les fibres nerveuses).

 Les études sur l’homme doivent se poursuivre pour confirmer ces résultats obtenus sur l’animal. D’ores et déjà le CBD apparait comme très prometteur dans le traitement de la sclérose en plaques.    

Référence : Journal of Neuroimmune Pharmacology (2021) 16:251–269

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